Comprendre la glycémie (taux de glucose ou de sucre dans le sang)

S’il y a un élève atteint du diabète de type 1 dans votre classe, même si c’est seulement pendant une partie de la journée, il est utile de connaître les principes de base de la glycémie.


La glycémie, c’est-à-dire ce qui l’influence, ce qu’il faut faire quand elle est trop basse outrop élevée, est au cœur de la prise en charge du diabète.

Qu’est-ce que le glucose?

Le glucose est une source essentielle d’énergie pour l’organisme. Notre corps le fabrique, mais il provient essentiellement des aliments que nous consommons (pour en savoir plus, voir Les aliments et le diabète de type 1). 

Le glucose est important, pour les raisons suivantes : 

  • Il se transforme rapidement en énergie.
  • Le cerveau et les nerfs en ont constamment besoin.

Le taux de sucre dans le sang (glycémie) désigne la quantité de glucose (sucre) dans le sang à un moment précis.

Regardez notre vidéo : Comprendre la glycémie (taux de glucose ou de sucre dans le sang)

Qu’est-ce que l’insuline?

L’insuline est une hormone fabriquée par le pancréas pour maintenir la glycémie dans des valeurs saines. Elle permet au glucose contenu dans les aliments de pénétrer dans les cellules de l’organisme, où celui-ci est utilisé comme source d’énergie.

Le pancréas des personnes atteintes du diabète de type 1 ne produit pas d’insuline. Sans cette insuline, le glucose finit par atteindre des taux dangereusement élevés. C’est pourquoi les personnes atteintes du diabète de type 1 doivent prendre de l’insuline plusieurs fois par jour, que ce soit par injection ou à l’aide d’une pompe à insuline.

La quantité d’insuline dont l’élève a besoin dépend de la quantité d’aliments qu’il mange, de son taux d’activité, de son âge, de sa taille et d’autres facteurs. Les doses d’insuline peuvent varier d’une journée à l’autre.

Pour en savoir plus, voir L’insuline : ce que le personnel scolaire doit savoir.

Quelle est la glycémie habituelle?

Au Canada, la glycémie est mesurée en mmol/L (millimoles par litre). La glycémie d’une personne qui n’est pas atteinte du diabète se situe entre 3,5 mmol/L et 7,8 mmol/L,en fonction du moment où il a mangé pour la dernière fois.

On diagnostique le diabète lorsque la glycémie dépasse 11 mmol/L.

Les personnes atteintes du diabète de type 1 ont des valeurs cibles de glycémie. Ces valeurs sont déterminées avec leur équipe soignante. En général, les valeurs cibles se situent entre : 

  • 6 et 12 mmol/L chez les enfants de 4 et 5 ans,
  • 6 et 10 mmol/L chez les enfants de moins de 6 ans,
  • 4 et 10 mmol/L chez les enfants de 6 à 12 ans,
  • 4 et7 mmol/L chez les adolescents.

Rappel

Les cibles ne signifient pas que la glycémie se situera toujours dans ces valeurs. L’hypoglycémie (faible taux de sucre dans le sang) et l’hyperglycémie (taux de sucre trop élevé dans le sang) font partie de la vie des personnes atteintes du diabète de type 1. C’est pratiquement impossible à éviter.

Qu’est-ce qui influe sur la glycémie?

Bien des choses influent sur la glycémie, mais les principaux facteurs s’établissent comme suit :

Les personnes qui ne sont pas atteintes du diabète ne pensent pas à leur glycémie parce que leur pancréas la maintient toujours dans des valeurs saines. Les personnes qui sont atteintesdu diabète de type 1 doivent vérifier leur glycémie plusieurs fois par jour au moyen d’un glucomètre qui, à l’aide d’une petite goutte de sang prélevée sur un doigt, mesure :

  • si la glycémie est trop basse, auquel cas elles ont besoin de glucose (sucre) à action rapide.
  • si la glycémie est trop élevée, auquel cas elles ont besoin d’insuline.

Que devraient savoir les enseignants et le personnel scolaire au sujet de la glycémie?

Pour prendre en charge la glycémie, l’information est essentielle. Plus les enseignants et le personnel en savent, mieux ils peuvent soutenir les élèves. Plus les parents connaissent le déroulement de la journée scolaire de leur enfant, mieux ils peuvent planifier.

Fait sur la glycémieMesures que le personnel scolaire peut prendre

Hypoglycémie (inférieure à 4,0 mmol/L) est une urgence qu’il faut traiter immédiatement.

L’hyperglycémie s’accompagnant de signes de maladie doit être traitée.

Les aliments accroissent la glycémie.

  • Avisez les parents si vous prévoyez tenir une activité au cours de laquelle des aliments seront servis.
  • Avisez les patents si vous anticipez des changements à l’horaire du dîner ou des collations.

L’activité physique abaisse la glycémie.

  • Avisez les parents si une activité supplémentaire est prévue (prolongation du cours d’éducation physique, sortie scolaire, danse-o-thon, marche-o-thon).
  • Avisez les parents si vous prévoyez des changements à l’horaire des cours d’éducation physique.
  • Autorisez l’élève à prendre des collations supplémentaires lors des activités, au besoin (voir son plan de soins personnalisé pour vous orienter).
  • Ayez une trousse d’urgence pour traiter l’hypoglycémie lors des cours d’éducation physique.

L’insuline abaisse la glycémie.

Ne présumez pas qu’un enfant atteint du diabète ne peut pas manger une gâterie. Il devra peut-être simplement prendre plus d’insuline ou inclure la gâterie dans son plan de repas de la journée. Avec un peu de planification, il pourra participer.

L’hypoglycémie peut nuire au processus de pensée.

Donnez plus de temps à l’élève qui a souffert d’hypoglycémie avant ou pendant un test ou un examen. Il peut avoir besoin de 30 à 60 minutes de plus pour se soigner et se remettre.

L’hyperglycémie donne soif et rend les urines plus abondantes.

  • Donnez à l’élève atteint du diabète de type 1 libre accès à l’eau et aux toilettes, en tout temps.
  • Si vous observez ces symptômes chez un enfant qui n’est pas atteint du diabète, informez-en les parents et suggérez-leur de consulter un médecin.

L’hyperglycémie nuit à la concentration et à l’apprentissage.

  • Si l’élève s’administre de l’insuline à l’école, assurez-vous qu’il est en mesure de le faire aux moments voulus.
  • Mais ne faites pas de suppositions. Il y a peut-être d’autres raisons pour lesquelles l’élève ne parvient pas à se concentrer (le manque de sommeil, par exemple). Si vous remarquez que l’élève change de comportement, la première mesure consiste à vérifier sa glycémie.

La lecture de la glycémie est un chiffre, une information. Elle n’est ni « bonne » ni « mauvaise ».

  • Soyez objectif et ne posez pas de jugement sur les lectures de glycémie. Évitez les critiques.
  • Parlez des « vérifications » et non des « examens » ou des « tests » de glycémie. Il est important de ne pas juger l’enfant ou l’adolescent atteint du diabète lorsqu’il vérifie sa glycémie.

Comment les personnes atteintes du diabète de type 1 prennent-elles en charge leur glycémie?

Il est difficile de remplacer un pancréas en bonne santé.

Chez les personnes qui ne sont pas atteintes du diabète de type 1, le pancréas libère automatiquement juste la bonne quantité d’insuline pour que la glycémie reste dans des valeurs saines. Il se rajuste constamment, d’une minute à l’autre, en réponse à la quantité d’aliments consommés, aux activités pratiquées, au niveau de stress et à d’autres facteurs. Le pancréas est un organe très complexe.

Malgré une attention pointilleuse, un mode de vie sain et l’activité physique, il est impossible d’imiter le réglage parfait et constant d’un pancréas en santé. Les enfants et les adolescents atteints du diabète de type 1 auront des épisodes d’hyperglycémie et d’hypoglycémie. Il est important de ne pas parler de « bonnes » ni de « mauvaises » lectures de glycémie. Ce ne sont que des chiffres, qui contribuent à orienter les mesures à prendre.

La glycémie change constamment. Les familles doivent se montrer flexibles et vigilantes. Puisque les enfants et les adolescents passent beaucoup de temps à l’école, le soutien exposé dans le plan de soins représente un aspect important de la prise en charge globale du diabète. En particulier, l’élève a besoin de :

  • constance : Un horaire prévisible et des personnes au courant de la nature et du moment des tâches quotidiennes liées au diabète.
  • communication : Un mode de communication rapide et fiable entre la maison et l’école, particulièrement pour cerner les tendances susceptibles d’influer sur la glycémie.

Mise à jour :